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Trois installations vidéo pour un ensemble – Aminatou Echard

“Le veilleur”, portrait de Gyorgii Tryakin-Bukharov, boucle de 12’

-Au 2ème étage-
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Les murs de la pièce sont occupés par des toiles et des dessins de Daniel, j’imaginais la projection dans la continuité, le seul élément perturbant l’espace étant l’installation de Gyorgii (il ne pouvait pas y avoir de téléviseur dans cette pièce). Il s’agit d’un double écran. Les deux bandes se répondent, ou se provoquent, par jeu de rythme et de texture.
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Dans l’atelier de Gyorgii, côte à côte se trouvent des éléments de sa palette, des oeuvres en cours et des oeuvres terminées. A l’arrière de la maison, des troncs, une carcasse de voiture, du métal, des ressorts, de la pierre, du sable ; Il a glissé des troncs à l’intérieur de la carcasse de voiture. Il ramène chez lui des objets trouvés dans son quartier ; Tout cela forme sa palette, et tout est entreposé dans la circulaire autour de sa maison. Parfois c’est là depuis si longtemps que se sont mêlés le sable et le bois, la pierre et le sable, le métal et la pierre, et les couleurs. Les choses sont grandes, volumineuses ; leurs masses imposantes. J’ai tenté de capter quelque chose de sa relation avec son espace, et de celle avec ses objets. Il y a quelque chose d’entier, de mouvant et de charnel.
Pour ce travail, Je voulais faire intervenir Gyorgii autrement que comme simple personnage. Il a été d’accord de suite pour participer à l’exposition avec une installation. Le point de départ était nécessairement sa maison et son quartier – c’est là qu’il trouve les éléments de sa palette. Puis il a apporté l’installation, réduite, au centre d’art contemporain. Des éléments de ma vidéo font écho à certains éléments de l’installation, et son espace de travail relie les deux. Entre les deux, la ville et les éléments du quotidien de nos vies. Les palissades en métal blanc font toujours partie du paysage. Les affiches de la future mégapole font écho à la tête arrachée de la poupée rose aux cheveux verts. La terre est omniprésente bien qu’elle se fonde dans le métal, la pierre, le bois, le plastique.
Puis, dans le travail élaboré avec Daniel, nous avons tenté de créer des passerelles entre projection vidéo et peintures. Daniel a travaillé à partir de séquences et de photogrammes tirés des deux bandes vidéos pour peindre les toiles et les dessins présentés dans l’exposition.

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“Bleu”, 59’20’’, for 3 screens and 3 soundtracks, 3 DVD – each one in loop.

-Au Sous sol-
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Trois bandes vidéo : trois voix. Les trois téléviseurs sont sur le sol, on est assis sur un matelas, de ces matelas centre-asiatique qui servent aussi bien de banc pour les invités autour d’une table basse que de couche pour la nuit. On est proche des écrans, on pourrait les toucher, et le son de chaque téléviseur enveloppe le spectateur. Les trois bandes sons se mêlent, s’entendent ou s’affrontent. On est parfois dérangé par un son qui devance les autres, on hésite sur sa provenance –à quelle image il appartient. La voix de gauche porte la ville. Les espaces vastes, en construction ou bien simplement la vie de quartier. Parfois brutal, ces plans dans leur durée font ressortir le son, toujours direct et soit trop silencieux soit trop bruyant. Les ouvriers de chantier sont omniprésents.
Les deux autres voix portent la présence de Galim Madanov. Il travaille dans son atelier sur une partie d’un tableau. L’atelier a été aménagé dans une pièce de leur appartement ; Zauresh sa femme, et Gaisha sa fille font partie de ce quotidien du travail. De ces personnages se dégagent des mouvements, des rythmes, des présences. Galim, concentré, retient ses mouvements. Il n’a pas beaucoup d’espace pour travailler, il se heurte aux choses, bruits de heurts rompant le silence, sa respiration. L’immobilité est ponctuée par la répétition de micro mouvements, qui contiennent rapidement une intensité qui dépasse l’amplitude de ses mouvements. Variations du quotidien.
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De même que pour Gyorgii, j’ai voulu filmer son travail pour un tableau qu’il réalisait spécialement pour l’exposition. J’ai aussi beaucoup parcouru et filmé le quartier où Galim vit depuis plus de 15 ans « Mamyr’s ». Il vit dans un vieil immeuble –d’avant 1990, bas et gris, avec des arbres au pied, tandis que les nouveaux immeubles en construction, des tours bleues, commencent à fleurir de partout. Maintenant, le bleu remplace le rouge, m’a dit Zhanara.
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La voix Ville n’a pas la même durée que les autres, 19 minutes contre 14 minutes. Chaque bande tourne en boucle. La voix Ville ne change pas de composition, tandis qu’à chaque reprise des deux autres voix on reconnaît des micro variantes (durée totale de la pièce : 59’20’’). En revanche, avec une durée plus longue, la voix Ville bouscule sans cesse les deux autres voix et les associations d’images et d’atmosphères sonores qui en résultent. La ville mange d’abord l’espace intérieur, tandis que peu à peu des relations se tissent entre intérieur et extérieur. Je sens plus cette installation comme un travail sur la relation entre le temps, le travail et l’espace que comme un seul portrait de Galim Madanov.
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Dragon“, Boucle de 3’30’’

-Au 1er étage, l’étage central-
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La salle de l’étage du milieu est vaste, et tout le travail dans cette pièce est accroché au mur. Posé au sol, un petit téléviseur noir. Le son rempli l’espace, tantôt silencieux avec une petite musique de haut parleur de ville, tantôt empli par les rires et les cris de joie et de peur mêlés.
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Déplacement des sons dans l’espace.
Le centre d’art contemporain d’almaty est sur trois niveaux, avec un escalier central. Chaque pièce donne sur l’espace de l’escalier. Lorsque chaque installation est en marche, les sons de chacune se rencontrent dans l’escalier. A l’étage central, ce petit téléviseur posé sur le sol qui tourne en boucle Dragon a un niveau sonore assez bas. De l’étage d’en dessous « basement » parviennent -mêlées déjà- les trois bandes sons des trois téléviseurs de Bleu. La rumeur de la ville et des travaux, puis la musique de Galim, et enfin le dragon encore car il appartient aussi à Bleu. Alors parfois le dragon du haut interfère et s’installe, perturbant le temps de Bleu, reliant le basement et le 1er étage. Au 2ème étage, la musique du basement est seule à parvenir. Lorsque, depuis le 2ème étage, le marteau du veilleur perce et descend l’escalier, qu’il se mêle au dragon, à la musique ou à la ville, les temps de ces espaces se retrouvent et des chemins se forment. J’aime écouter les sons qui se déplacent dans l’espace, entendre la voix du veilleur se mêler à la musique de bleu, puis leur associer de nouvelles images, celles des dessins de Daniel, des photos de Gaisha, du rouge de Daniel, des mots de Zhanara ; ou bien leur faire retrouver l’image vidéo qui leur correspond. Dans Bleu, une des trois bandes –la ville– n’a pas la même durée que les autres : les événements sonores et les rencontres dans l’espace sont ainsi toujours en mouvement. Alors l’ensemble de ces sons crée un nouvel espace que l’on ne peut restreindre à la seule association d’avec leur image vidéo.
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