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une journée de travail

Difficile d’être à trois dans le même espace, avec trois objets et approches différentes. Trois plus un artiste, chez lui. Une anthropologue doctorante qui travaille « en parlant », et qui a avec Gyorgi une relation déjà avancée puisqu’elle est depuis un an ici pour faire son terrain dans la communauté d’artistes. Gaisha, jeune photographe, se cherchant encore, essayant de construire son installation avec des photos prises dans les ateliers des artistes qu’elle rencontre, et moi avec ma caméra et mon micro, devant aussi trouver une place et le regard qui me permettrait de faire ressortir un quelque chose de cette rencontre avec Gyorgi.

Zhanara a une relation de travail avec eux, Gaisha est la fille de l’un de ces artistes reconnus avec lesquels nous travaillons, et moi qui débarque fraîchement de loin.

Gyorgi, chez lui, nous laissait faire, Gaisha et moi, lorsque nous étions deux. Il se mettait au travail, quelque part, tantôt venant voir où l’on se trouvait et alors il nous racontait les histoires de ces objets fous qui peuplent son atelier. Tous trois travaillant, concentrés, l’atmosphère était intense et je pouvais prendre le temps de découvrir à la fois l’espace, les oeuvres de Gyorgi, et Gyorgi, même ne parlant pas russe. Comme un chat, j’aime me poser à un endroit, regarder et sentir l’alentour, puis me déplacer peut-être de quelques mètres, et voir ce que cela donne de ce nouveau point de vue.

A trois, la donne est changée, l’équilibre rompu. Zhanara, l’anthropologue, ce jour, n’a pas d’autre chose à faire que d’écouter, parler, observer, n’a pas d’objet dans les mains comme un appareil photo ou une caméra. Et Gyorgi ne peut donc pas la laisser « sans rien faire », cela ne se fait pas. Si elle voulait juste s’asseoir et être, simplement, impossible ici. Il y a d’abord le thé, avec tout ce qui s’ensuit, les nouvelles, et faire quelque chose. Et de temps à autres, nous regarder, Gaisha et moi. Mais nous essayons de capter quelque chose de ce lieu et de la relation que Gyorgi a avec son lieu, qu’il a construit de ses mains, qu’il habite depuis des dizaines d’années. Alors ce jour les liens entre chacun d’entre nous sont complètement transformés. Je ne sens plus de ponts entre nous et le lieu, plus de passages ouverts vers ce lieu, Gyorgi prend une autre attitude, d’hôte, et il nous reçoit parfaitement bien, avec un magnifique repas. Mais d’un autre côté, l’espace que l’on avait trouvé pour travailler les fois précédentes s’est trouvé très réduit. Aujourd’hui était peut-être le dernier jour où l’on pouvait travailler avec Gyorgi, dans la mesure où nous devons commencer à penser l’installation, et moi le montage de mes images. Je suis encore étonnée de cette journée, et de ces relations fragiles qui se meuvent si facilement selon les mouvements de la journée.

Mais cet artiste est génial, très drôle, et les moments passés chez lui sont toujours riches. Il nous a fait un belle surprise : il nous a raconté ce qu’il pensait préparer pour l’exposition, et s’il trouve les éléments dont il a besoin pour, alors ce sera fort.

Et puis j’espère bien le voir une prochaine fois, faire encore quelques images, avec des idées plus claires.

Pendant ce temps, daniel-toile.jpg

Daniel a travaillé à la maison. Avec toiles et pinceaux, couleurs, lignes, pour tenter de rendre compte de notre rencontre avec ces artistes kazakhs et avec la ville d’Almaty qui change chaque jour. On est rentré tard, il avait déjà terminé sa journée, il nous a ouvert la porte une bière à la main, on a trinqué.

One Response to “une journée de travail”

  1. lindsay says:

    great hair daniel! great work all! - lindsay

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