open[x]close

Recent articles

/ ?>

Bleu

Troisième visite chez Galim Madanov. Avant d’arriver chez lui, j’ai arpenté leur quartier. Une cité dortoir, loin du centre où, il y a peu, les champs entouraient encore la cité. Les immeubles construits dans les années 90 commencent à être remplacés par de hautes tours. On passe de quatre étages à une quinzaine. Ceux-là sont peints à neuf, avec des couleurs flash. Beaucoup de bleu. Le bleu a remplacé le rouge, me dit Zhanara, ce matin. Galim et sa famille vivent dans un bâtiment des années 90, au rez de chaussé. La fois précédente j’avais déjà commencé à filmer Galim. Il m’avait dit qu’il avait choisi un grand cadre pour le mouvement, celui du corps dans l’espace, autour de son cadre de bois. Pour filmer me dit-il, cela sera beaucoup plus riche. A l’image de leur accueil, généreux et attentionné. Mais ce n’est pas tant ses mouvements et déplacements dans l’espace de son atelier qui m’ont marqué. A mesure qu’il rentre dans le corps de sa toile, lui bouge de moins en moins, jusqu’à devenir presque immobile. Le mouvement est autour de lui, dans l’air. Parfois une reprise, la cigarette, les lunettes qu’il met puis enlève, des pas en arrière courts pour s’éloigner de sa toile, puis se rapprocher, le mouvement intérieur intense a commencé à emplir l’espace, la sueur, le travail. Puis d’un coup, un regard et il dit « je pense ». Il reprend sa cigarette, continue, s’assoit, se relève, puis « c’est fini pour aujourd’hui, je suis fatigué ». Je ne suis pas étonnée. Du temps a passé. Durant ce temps, je filme peu. Je suis là. Je capte de temps à autre quelques mouvements, quelques détails. Mais je sens qu’il se passe quelque chose à la fois dans mes images et dans son travail. C’était la première fois. Hier, donc, je le retrouve. Zhanara m’accompagne cette fois. On passe plus de temps à prendre le premier thé. Puis on se met au travail mais cette fois l’énergie est différente. Je le sens. Sans rien se dire, je sens que la relation ce jour est différente. Comme si on n’était plus en phase, il fallait du temps. Il a continué sur un autre travail. Moi j’ai mis ma caméra de côté, je me suis assise sur le sol. Peu à peu, mes impressions se sont rassemblées, retrouvées. Galim travaille sur une série de petits formats, qui seront présentés ensemble, qui sont tantôts abstraits tantôt figuratifs. Des histoires se sont formées, des liens avec la ville, le dehors, entre lui et la ville. Et d’autres liens se sont installés entre nous deux. Alors pour toutes ce mouvement d’idées et de pensées cette après midi était riche. Puis il a dit « j’ai fini pour aujourd’hui » et on a été à la cuisine où Saule avait préparé pour tous un magnifique repas. A chaque visite vers 17 h pour le thé Saule prépare un repas gargantuesque et divinement bon. Hier, donc, nous avons mangé une soupe à l’oseille, des saucisses, une salade, du pain, de la confiture, des gâteaux, des fruits, et bu du thé.

spacer.jpg


Leave a Reply

XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>